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http://actu.dna.fr/061017134143.kvf94kbl.html [17/10/2006 - 17h00]
Démotivation, dégradation de la santé, sentiment de précarité dans des entreprises pourtant florissantes, des cadres ont témoigné mardi de l'impact du stress sur leur vie et leur travail lors de la présentation par la CFE-CGC de son "baromètre du stress" pour ces travailleurs.
Trois ans après la création de ce baromètre, amélioré depuis, rien ne semble avoir profondément changé dans les entreprises en France, ont estimé des représentants du syndicat de cadres et plusieurs experts lors d'une conférence de presse.
Non seulement la note globale de stress donnée à leur travail par les cadres reste stable, à 6,1 sur 10 en septembre 2006 contre 6,2 en septembre 2003, mais plus de 80% des cadres estiment toujours que le problème n'est pas pris en charge dans leur entreprise.
"La dernière vague du baromètre, réalisée en septembre, montre une amélioration assez légère, portée par une meilleure conjoncture économique.
Mais les problèmes structurels sont toujours là: deux tiers des cadres se déclarent stressés", a souligné le président de la CFE-CGC, Bernard Van Craeynest.
Confrontés à une pression accrue et à une accélération des rythmes de travail sous l'effet de la mondialisation et des nouvelles technologies, 70% des cadres se disent tendus ou crispés à cause de leur travail, 54% s'inquiètent de leur situation professionnelle et 30% craignent de perdre leur emploi. Près de six sur dix peinent aussi à concilier vie professionnelle et vie privée, selon cette enquête.
Les femmes, les plus de 35 ans, les cadres aux fonctions commerciales et ceux des grosses entreprises sont les plus affectés.
"Le fait scientifique des pathologies du stress est nié", a déploré François, employé d'Alcan, où a été instauré "un management très anglo-saxon depuis l'OPA d'Alcan sur Péchiney". L'impact est pourtant parfois tragique, a-t-il souligné, évoquant "le suicide, il y a un mois, d'un salarié sur le parking d'une usine française, avec un message écrit mettant en rapport son geste avec ses conditions de travail".
Pour Priscille, qui travaille chez Microsoft, "le noeud du problème, c'est surtout le management par objectifs, avec des objectifs toujours plus élevés que ce que les gens peuvent faire. Quant au système d'évaluation, il est perçu comme un concours de beauté, avec une part d'arbitraire très importante".
Elle a aussi évoqué "l'objectif global du patron de Microsoft de réduire les effectifs de 6,5% chaque année, qui crée beaucoup de stress et un sentiment de précarité dans une entreprise florissante".
"La notion de stress n'est jamais abordée dans l'entreprise, comme si c'était tabou. Ne peut-on pas interpeller l'opinion publique et les candidats à l'élection présidentielle sur son coût social et économique ?", a lancé Joël, salarié du pétrolier Total.
Bernard Salengro, médecin du travail et responsable de la Santé au travail au sein de la CFE-CGC, a évalué "le coût social du stress à environ 3% du PIB, payé majoritairement par les contribuables au travers de l'assurance maladie, et non par les entreprises".
"La question du bien-être en entreprise va s'imposer par nécessité, devenir de plus en plus centrale compte tenu de l'évolution de la pyramide des âges et de la nécessité de fidéliser les cadres", a cependant espéré le consultant Patrick Levy-Waitz, président de Dynargie et d'Altedia-Cogef.
"Des signaux montrent une vraie prise du conscience du problème, même si elle est lente et faible", estime ce co-auteur de "J'aime ma boîte, elle non plus".
Source : AFP
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